Mon rôle, l’esprit, le but…

Je suis là pour vous désigner les portes d’accès et vous aider,
par une méthode simple et ludique, à les ouvrir.
Je souhaite vous amener à peindre 10 minutes par jour, comme vous pourriez le faire
pour toute autre activité propre à développer vos facultés naturelles de concentration,
habileté, observation, émotion.
J’aimerais vous faire redécouvrir le plaisir que vous aviez, enfant, à expérimenter la vie
sous toutes ses formes… sans soucis de temps… de rendement ni d’exploits. Vous étiez
convaincus que chaque pas était une aventure exaltante et vous la viviez seul et libre.
Je voudrais que vous retrouviez votre regard d’enfant sur ce que vous faite, là,
maintenant. Le trait maladroit au départ, deviendra une fleur après maints essais
passionnément amusants.
Vous serez dans la recherche de ce fameux geste dont né le trait de pinceau qui animera
la fleur, le signe, le végétal, auquel vous désirez donner vie. Sans justification extérieure à
nous, redevenir cet enfant, dans son jeu de vie…

Le chemin du Sumi-e

Le Chemin…

« De deux chemins, choisis celui qui a du coeur »
Don Juan (CASTANEDA)

 » Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas »
Les propos sur la peinture du moine citrouille amère (SHITAO)

D’un premier et simple pas… nous suivrons le chemin du Sumi-E (Une seule couleur
l’encre, un seul pinceau), qui a son origine dans la caligraphie (écriture au pinceau).
Le Sumi-E, le chemin qui a du cœur…consulter l’ouvrage de kakuho hirayama
(le Sumi-
E, Bordas).

Le Sumi-E
Ce n’est ni une peinture enjolivée, ni une peinture appliquée.
Elle bannit la stylisation arbitraire des formes, et plus encore le rajout décoratif.

L’unique préoccupation du peintre est de donner vie à chaque trait de pinceau, de
l’animer, sans le forcer en rien, sans reprise. Il met sa sensibilité au service de la
connaissance de son instrument pinceau, puis en vient, par un renversement subtil,
à se servir de celui-ci pour exprimer sa sensibilité personnelle.

Les étapes du chemin…
¤ Apprendre à connaître l’instrument pinceau, instrument plutôt qu’outil.
¤ Découvrir ou redécouvrir les lois simples, physiques, qui régissent les rencontres
des pigments et de l’eau (travail avec l’ouvrage d’Eva KARPINSKA, « La lumière de l’eau »).
¤ Jouer avec toutes ces données en provoquant leur rencontre, avec, cette fois,
différents supports papiers.
¤ Enfin, laisser s’exprimer sa personnalité, une fois les éléments de bases, connus.

Le pinceau
Instrument dont la manipulation révèle une grande richesse ainsi qu’une subtilité extrême.
Ils ont le plus souvent la forme d’une flamme (remarquez la complémentarité de cette forme avec l’élément dont il va être le « conducteur ».
Chaque pinceau a sa personnalité et travaillera différemment. Pour découvrir cette
personnalité, on s’efface avec le sourire devant les réponses de ce pinceau, aux différentes
manipulations. On observe ce qui se passe. On prend plaisir à mettre en place, soi même,
les exercices qui révèlent toutes les possibilités de traces.

Au point de départ de cet apprentissage :
– Des exercices concrets d’une simplicité presque dérisoire,
– Des gammes ludiques, travail de manipulation par lequel on acquiert :
souplesse des doigts ; décontraction ; tranquilité…
Le peintre devient un méditant en action…
Plus on respecte le temps, l’attente, la réflexion, avant d’agir ;
plus on se préservera de la frénésie d’agir.

Exemples de gammes
Gammes ludiques par les résultats évolutifs surprenants de diversité et de réalisme.
Gammes qui conduisent à atteindre le trait juste et unique,
exprimant l’émouvante caractéristique de tel minéral, végétal, être, paysage,
auquel on rend hommage en le reproduisant.

Exercices de « Posés » du pinceau
(développe: mobilité et souplesse du geste)

Exercices de « traces »
(développe : appréciation juste de la souplesse des poils du pinceau
et de leur mobilité dans tous les sens)

« L’unique trait de pinceau embrasse tout.
Par le moyen de l’unique trait de pinceau, l’homme peut restituer en miniature,
une entité plus grande, sans rien en perdre, du moment que l’esprit s’en forme d’abord
une vision claire, le pinceau ira jusqu’à la racine des choses. »
SHITAO (Propos sur la peinture…)

« Le concept de l’unique trait de pinceau nous entraîne dans un monde au delà
de la peinture… dans lequel l’homme agit en communion avec le monde extérieur… »
SHITAO (Propos sur la peinture…)

Comme le sportif qui fait quelques mouvements avant l’exécution de sa spécialité…
Comme le concertiste avant le concert… Par ces quelques exercices,
le peintre se mettra en condition :
Calme, Confiance, souplesse…avant toute exécutions créatrices.

L’aquarelle

Aqua…relle / Eau…colorée : traduction personnelle !!

Comment ne pas être fasciné par cette peinture, dont l’eau est l’élément vital
comme pour la vie ! L’eau vive, l’eau vie…
En aquarelle, la couleur est secondaire, l’eau est la maîtresse, l’eau est votre alliée ;
apprendre à la connaître en fera votre amie intime.

Tout d’abord, pour rester dans l’esprit du Sumi-E (une seule couleur)
en abordant la notion d’aquarelle (toutes les couleurs), oublions la notion d’Art.
Il est nécessaire de découvrir ou de redécouvrir les lois physiques simples qui régissent
la rencontre des pigments et de l’eau.

 

On suivra pour, cela, les expériences amusantes (mais oui ! toujours jouer !) du manuel
d’Eva KARPINSKA « La lumière de l’eau » :
– On travaillera autour de la notion du « Cycle de l’eau », de sa quantité maximale
à sa disparition totale sur le papier, nous observerons ses effets ;
– On combinera toutes les données entre elles, c’est passionnant de découvertes…
– On décomposera les effets des différentes concentrations de pigments dans l’eau
pour les reconstituer en représentations voulues ;

– On pourra alors lire, une fois toute l’eau évaporée, son jeu avec les pigments,
tout au long de l’exécution ;
– Dans un tableau aquarelle vous devez voir le temps ; l’eau, son jeu, ses fantaisies
avec les pigments, qu’elle ai été en infime quantité ou en excès.

Oublier la notion « d’Art »… Commencer par expérimenter le jeu de tous les éléments entre
eux et se rendre compte que cette démarche amène à la passion de ce qu’on fait,
donc de l’Art !!
Le stage terminé, vous possédez une méthode qui vous permettra de peindre 10 mn
par jours, avec un matériel sommaire qui tient peu de place, mais toujours disponible,
à vous attendre, prêt à vous révéler chaque jour un plaisir enfantin, à la vue de ce petit progrès dont la signification est immense.